mardi 17 mars 2026

Le château de La Halette !

Au centre de notre village se trouve le château de la Halette. Son nom lui vient d’un ancien petit fief de Forges, mouvance du Marais, qui se situait à cet emplacement autrefois. Attesté au XVIème siècle par un acte passé à Fontainebleau. Sur cet acte on peut y lire : Une maison, cour, jardin et terre, situés au fief de la Halette sont vendus à Vattier et Agnès Soyer, son épouse. Sur ce petit fief se trouvait également la ferme de la grande cour, qui se trouve être de nos jours le centre Socio-Culturel de notre commune.      

Le château de la Halette, son nom lui vient d’un ancien petit fief de Forges Les Bains

Ce petit château du XIXème siècle de style néo-renaissance à un étage, fut édifié vers 1865 par madame Jules Labarth, femme qui se distingua par le bon goût qu’elle sut apporter à cette construction. Sa composition ternaire, héritière des châteaux d’Ancien Régime, lui donne toute son élégance. Il comporte un avant-corps central surmonté d’un fronton triangulaire brisé et deux ailes à deux travées. L’avant-corps central est mis en valeur par son perron, son balcon à l’étage et son décor plus affirmé, encadré de deux ailes. L’organisation horizontale en quatre niveaux est quant à elle soulignée grâce à l’utilisation d’une modénature abondante et de différents matériaux. Soubassement en pierres de taille meulière et calcaire, rez-de-chaussée et premier étage en parement brique et modénature plâtre, combles à la Mansart couverts d’ardoise et percés de lucarnes à fronton cintré. Les dimensions décroissantes des ouvertures et leur couvrement cintré ou plat accentuent cette hiérarchie des niveaux.

A l’intérieur de l’édifice, on y trouve notamment deux salles avec des dorures et des peintures italiennes. On y découvre également des peintures du peintre Louis Esnault dans le grand salon et la salle à manger. On peut y voir aussi un tableau de la 2ème moitié du XVIème Siècle, de l’école vénitienne "Rencontre de Salomon et de la Reine de Saba". L’œuvre représente l’arrivée de la Reine de Saba à Jérusalem et les somptueux cadeaux qu’elle apporte au Roi Salomon. Une huile sur toile de dimensions : H.180 cm ; L.230 cm. Le titre initial de cette l'œuvre, a été durant de nombreuses années "Esther devant Assuérus", mais le dégagement des repeints a permis d'affirmer que le sujet traité était la "reine de Saba devant le roi Salomon" de l’école vénitienne. Le tableau a été restauré par Anne Laure FEHER, 2000-2001. L’œuvre a été inscrit au titre des monuments historiques – Date de l’arrêté : 11/01/1990.

Tableau "Rencontre de Salomon et de la Reine de Saba".
Tableau "Rencontre de Salomon et de la Reine de Saba".

Sur cette très vaste propriété, à cette époque, le château était entouré d’un parc à l’anglaise qui naguère s’étendait jusqu’ à la place de l’église. La propriété se continuait également de l’autre côté de la route, formant un beau jardin potager et d’agrément, très bien dessiné, dans lequel d’abondantes sources envoient leurs eaux claires dans plusieurs pièces d’eau, dont une était navigable. Sur ce domaine se trouvaient des remises sous un grand rocher formant terrasse, de grandes écuries installées dans un joli pavillon en brique, ainsi qu’une maison de jardinier. A gauche de la grille d’honneur, se trouvait aussi un élégant pavillon grec en mosaïque et en stuc.

Plan de 1808 avant la construction du château de la Halette.
Plan de 1808 avant la construction du château de la Halette. 

Malheureusement pour elle, Madame Labarth n’eut pas le temps d’habiter dans cette belle demeure ! Lors de la guerre de 1870, les lanciers de l’armée prussienne (les Uhlans), trouvant la propriété à leur gout s’y installèrent ! La guerre finie, Madame Labarth refusa  de revenir dans cette demeure où avaient dormi les ennemis de la France. Elle se retira dans le pavillon du jardinier et vendit ultérieurement son château. A la fin du XIXème siècle, la famille Schleicher l’occupait, ensuite ce furent les Fontane, les Caloni… Et puis la propriété fut vendue et morcelée. Finalement en 1984 la commune rachète ce qu’il reste de cette belle propriété pour en faire notre actuelle mairie.    

Sources : Archives Nationales & départementales de l’Essonne - Monographie communale du XIXème siècle - Le patrimoine des communes de l’Essonne, FLOHIC Editions - Forges Les Bains de Marcelle Petit Edition du soleil natal - Parc Naturel de la Haute Vallée de Chevreuse, synthèse patrimoniale Forges-les-Bains.

 Forges Les Bains, Histoire et Patrimoine

     Éric.L


samedi 3 janvier 2026

Meilleurs vœux 2026 !

 


Tous nos meilleurs vœux pour cette nouvelle année. Que celle-ci vous apporte le bonheur, la réussite, le succès dans vos projets et l'accomplissements de tous vos rêves ! 

          

 Forges Les Bains, Histoire et Patrimoine
             Éric.L

dimanche 9 novembre 2025

La pierre de justice de Malassis !

 « Les légendes sont solides quand elles ont un pied dans la réalité »

La pierre de justice de Malassis.https://forges-les-bains.blogspot.com/
Pierre de justice de Malassis.

Si d’aventure lors d’une promenade vous passez par Malassis, ne manquez pas de vous arrêter un instant devant cette grosse pierre qui se situe en bord de route à l’angle de la rue de la justice. Comme cela est souvent le cas, celle-ci a donné naissance à de nombreux récits populaires, mêlant histoire et légende !
 
Cette pierre que l’on peut voir a été scellée par la commune. Elle aurait eu d’abord, un autre destin. En effet, selon la confirmation du Conservateur régional de l’Archéologie, qui a d’ailleurs décelé sur la pierre des traces de feu, cette pierre serait un tambour de colonne du XIIIe ou XIVe siècle. Mais il faut savoir que sur cette butte de Malassis, il y a eu en réalité trois pierres. Une deuxième a été descendue dans une des propriétés du hameau. La troisième se trouve au Bois des Morts, à l’endroit où il y aurait eu une motte féodale, et elle représenterait sans doute la place du donjon. Sur la partie la plus basse, là où la végétation est différente, serait sans doute l’emplacement des douves. Il faut aussi imaginer, qu’à cette époque le terrain n’était pas boisé et que ce point culminant constituait un excellent lieu de surveillance, particulièrement avec sa vue sur la route romaine de Dreux, devenue notre D988. Selon un rapport du musée National des arts et Traditions populaires, ces pierres sont bien des "supports" de fourches patibulaires.  
 
Un peu d’histoire…

Étymologiquement, "Patibulum" vient du verbe "patere". On appelait patibulum un instrument de supplice en forme de fourche, semblable à un carcan. On y faisait passer le cou du condamné, on lui attachait les mains aux deux pointes et on lui faisait traverser la ville en le fouettant. On en trouve l'illustration dans la comédie "Le Soldat Fanfaron" de Plaute (254 av. J.C - 184 av. J.C). Cette fourche se transforma au fil du temps en une véritable potence, composée d'une traverse de bois reposant sur deux piliers, sur laquelle on exhibait les condamnés à mort. Placée près d'une voie publique ou en haut d'une colline, elle témoignait de la force répressive du pouvoir et avait un caractère dissuasif. Historiquement au XVIIIe siècle, une telle pierre de justice servait également à marquer son territoire, face aux autres nobles pour l'exercice de la justice.
 
En l’an de grâce 1473, le roi Louis XI dit "le prudent" accorde le droit de haute, moyenne et basse justice au seigneur de Briis, Jean du Moulin, sur les territoires de Bligny, de Forges et d’Ardillières. Il autorise ainsi la mise en place de fourches patibulaires et échelles convenables pour les exécutions. En 1626, la haute et moyenne justice du fief de Malassis appartenait à Limours. Ce fief est du ressort de Montlhéry. On peut donc supposer que cette pierre qui se trouve à Malassis, est vraisemblablement le support des fourches patibulaires appartenant à la justice de Limours. C’est donc en ce lieu ou pas loin, que devait se dérouler les exécutions par pendaisons à cette époque, d’où l’appellation de "champtier de la justice". La potence était constituée de plusieurs colonnes de pierre sur lesquelles reposait une traverse de bois, elles étaient placées en hauteur, bien à la vue du public. Ainsi, les condamnés à mort y étaient pendus et les corps, restaient ainsi exposés. Tout proche, se trouve d’ailleurs le lieu du bois des morts, où l’on devait enterrer les exécutés.   
 
A cette époque, On distingue trois degrés de justice seigneuriale.

Justice haute (ou haute justice)
Le seigneur (ou plus exactement le juge seigneurial) peut juger toutes les affaires et prononcer toutes les peines, dont la peine capitale (d'où le nom de jus gladii, litt. "Droit de l'épée" ou encore "justice du sang"). Celle-ci ne pouvant toutefois être exécutée qu'après confirmation par des juges royaux (appel obligatoire, porté devant les parlements). La haute justice jouit de la plénitude de juridiction au civil comme au pénal. Ainsi pour crimes punis de mort, de peines corporelles, etc. les marques extérieures de la haute justice sont pilori, gibet, fourches patibulaires à 2, 3, 4, 6 ou 8 piliers selon l’importance du seigneur.

Justice moyenne (ou moyenne justice)
Le seigneur peut juger les rixes, injures et vols. Les délits ne peuvent être punis de mort. Pratiquement, la moyenne justice joue un rôle important au civil, notamment en matière de successions et de protection juridique des intérêts des mineurs, apposition de scellés, inventaire des biens des mineurs, nomination des tuteurs, etc.

Justice basse (ou basse justice)
Le seigneur peut juger les affaires relatives aux droits dus au seigneur, cens, rentes, exhibitions de contrats et héritages sur son domaine. Il s'occupe aussi des délits et amendes de faibles valeurs (dégâts des bêtes, injures, amendes inférieures à 7 sols 6 deniers). Il doit posséder sergent et prison afin d'y enfermer tout délinquant avant de le mener au haut justicier. Si la seigneurie est assez grande pour qu'il y ait des vavasseurs, les affaires de moyenne et basse justice sont jugées par leurs soins.
 
Il est à noter que les seigneurs de Forges n’avaient pas le droit à la haute justice, mais seulement à la moyenne et basse justice.  

Sources : Archives Nationales & départementales de l’Essonne – "Forges Les Bains" Marcelle Petit Edition du soleil natal – Wikipédia. 

 Forges Les Bains, Histoire et Patrimoine
             Éric.L